Une Batarde

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Si j’étais un homme…

téléchargementJ’aurais de nouvelles occupations, envie de me battre et de mater des fions. J’irais dans le ghetto déclencher une baston, me prendre pour un caïd parce que j’ai du poil au menton. Je grillerais les feux rouge pour me donner un style, mais je ferais trois heures de queue pour acheter le dernier Battlefield. Je dirais à ma mère que j’ai pas besoin d’elle pour me prendre en main, et puis je l’appellerais au secours quand j’aurais un rhume des foins.

Fini les rendez-vous chez le gynéco, à partir de maintenant c’est moi qui fais les frottis vaginaux ! Je pourrais engloutir un McDo sans aller me faire vomir, porter une taille au dessus sans avoir l’envie d’en finir. Plus besoin de cire et d’épilation, je pourrais me laisser pousser la barbe et je serais beau garçon. Quand enfin j’aurais décroché un CDI, je serais mieux payé que mes collègues et que ma patronne aussi.

Je dormirais sur le ventre puisque j’aurais enfin le torse plat, et tous les matins je regarderais le mont-blanc se dresser sous les draps. J’aurais plus à pisser entre deux voitures ni à supporter chaque mois cette terrible douleur, je pourrais le faire contre un mur et pour me masturber plus besoin de vibromasseur.

Je sifflerais toutes les gonzesses sur mon passage, parfois je demanderais « c’est combien ? » pour faire exploser leur mec de rage. Et quand j’en aurais marre d’être célibataire, je m’inscrirais sur un site de rencontres et je passerais à l’action sans trop en faire.

J’inviterais une jolie fille dans un bistrot, je prendrais une bière et elle bien sûr un Coca Zéro. Je la laisserais parler en prenant un air intéressé, quand elle ira aux toilettes j’en profiterais pour lâcher une caisse et surtout pour bailler. Au moment où elle reviendra en battant des cils avec un regard niais, je lui dirais sans détour et sûr de moi « t’as d’beaux yeux tu sais ».

Après avoir débattu de la pluie et du beau temps, je lui demanderais « on va où ?» et elle me répondra « dans ton appartement ». Je lui servirais un dernier verre, avec une paille et des glaçons. Je m’approcherais le regard fier, et les cheveux en bataille pour qu’elle pense que je suis canon. Quand j’aurais mis Ronan Luce et qu’elle me dira « j’adore cette chanson », je l’appellerais « ma puce » et enfin elle enlèvera mon caleçon.

Au moment fatidique je réaliserais que j’ai pas de capote, paniquée elle me lancera « tu rigoles ou quoi mon pote » ? Et comme j’aurais pas envie qu’elle remette son jean, je lui dirais dans les yeux que je suis clean.

A ce moment là, j’évoquerais diverses alternatives. Ou comment prendre son pied quand on a pas de méthodes contraceptives. En bon gentleman, je lui laisserais le choix : par devant, par derrière, ou bien les deux à la fois.

Après une heure et demi de coït je la raccompagnerais au dernier métro, elle me regarderait avec des yeux de hobbit en me disant « à bientôt ». Je rentrerais chez moi bredouille, qu’est ce qu’il faut pas faire pour se vider les couilles. J’attendrais trois jours et demi pour lui envoyer un texto, « désolé chérie, mais je suis homo ».

Les années passeront. Je serais toujours « un homme », mais surtout un ptit con. Jusqu’à ce que je tombe sur elle, cette fille drôle, grande, un peu folle et carrément belle. Et pendant que mon coeur jouerait de la trompette elle se mettrait au piano, à nous deux on écrirait une tempête et surtout un nouveau Tarantino.

Mais de tout ça malheureusement il n’en est rien, puisqu’à la place d’une grosse bite j’ai un vagin.