Une Batarde

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Lettre ouverte à mon esthéticienne

J’aurais plutôt du titrer « lettre ouverte à mon esthéticienne BodyMinute » car c’est bien à toi, la Ryanair de l’arrachage de poils, la Liddle du maillot intégral, que je souhaite m’adresser aujourd’hui.

Au regard du nombre de fois où tu t’es allégrement baladée sur mon anatomie, nous sommes désormais suffisamment proches pour que je puisse te parler vrai. Et te dire combien que je t’aime, ou plutôt combien je te déteste. Tu ne m’en voudras donc pas que je fasse ton procès.

Pour commencer, ce serait super sympa que t’arrêtes de te foutre de ma gueule chaque fois que tu m’annonces, avec ton air désolé, les trois quart d’heure d’attente avant que je puisse ressortir un Fabien Barthez entre les jambes. Ou alors, merci d’élucider au préalable la définition du mot « minute », parce que je pense qu’il y a un sérieux malentendu étymologique.

En suite, tu seras gentille de m’enlever ce vernis écaillé de tes pieds dégueulasses et de me défarder un peu ce qui était autrefois un visage, j’ai franchement pas envie de me faire débroussailler par une rouchie du bois de Boulogne. Pourquoi ? Parce que dans l’inconscient collectif, ton apparence physique est plus ou moins censée représenter la qualité de ton travail. Te faire belle, c’est ton taf. Et le résultat fait légèrement flipper.

Je ne t’en voudrais pas non plus si tu arrêtais de me demander si je veux un ticket de métro, un pass Navigo, un rectangle parallélépipède ou une étoile de mer… Je ne supporte pas que tu m’insultes à ce point. Surtout quand tu me demandes en suite de me mettre en position « grenouille ». C’est trop.

D’autre part, je n’ai absolument rien contre le fait que tu sois sympa, que t’aies envie de parler et que tu m’aies désigné comme « copine potentielle » (merci au passage), mais comprend qu’au moment précis où tu m’infliges la plus insoutenable des douleurs, je n’ai pas très envie de faire la conversation. Sauf évidemment si tu me laisses t’insulter. (Je peux le faire en japonais, si tu préfères).

Si tu pouvais également éviter d’essayer de me refourguer tout ton stock de produits de beauté, je t’en serais éternellement reconnaissante. Je n’ai pas besoin de pierre d’alun exfoliante, de sels de la mer morte ni de crème hydratante à base d’Eucalyptus, moi et mes pores nous portons à merveille. Et surtout, je ne suis pas la Banque de France. En te remerciant.

Enfin et pour t’éviter un énième interrogatoire à ma prochaine visite : oui mon tatouage est magnifique, merci ; je l’ai fait en Espagne ; non je n’ai pas eu mal ; oui je l’ai payé cher ; non il ne signifie rien du tout ; oui c’est toujours le même depuis la dernière fois.

Ps : je crois que tout le monde sera d’accord pour que tu changes aussi la musique de temps en temps et que tu nettoies un peu ton espace de travail. Ou alors je veux 10% sur la revente d’extensions à partir des poils que tu récupères. Ça m’appartient un peu, quand même…