Une Batarde

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Célibataire et pas fan d’Adèle. ASV ?

bonnasse célibataireÇa y est, tu as troqué ton macho contre un Machu Pichu, tes soirées DVD/Pizza contre des nuits blanches à n’en plus finir, un appartement de mec en bordel contre un petit nid douillet (bon ok, en vrai c’est celui de ta BFF qui t’héberge le temps que tu te refasses une beauté) et ta vie de pantouflarde contre celle de Carrie dans Sex and the City. Et surtout, tu fais officiellement partie des accros au sexe et à Internet : les célibataires. (Ou divorcés). SALUT LES COPAINS !

Bon évidemment, avant de savourer cette douce résurrection, il a fallu affronter le nouveau monde redoutable du célibat et toutes les questions débiles que les dévots de la vie à deux t’ont posé. Du genre « célibataire ? mais tu n’es pas mal pourtant, je comprends pas ». Je pense qu’il n’est pas nécessaire que j’épilogue sur la nature exaspérante de cet adorable compliment. Ou encore « ça va, tu le vis comment ? ». A quoi je me suis fait une joie de répondre : « je suis au bord du suicide mais j’hésite encore entre la corde et les ciseaux, tu as des conseils ? ». Et j’oubliais « tu fais quoi de tes journées ? ». « Oh bah tu sais, rien de spécial, je regarde le Journal de Bridget Jones en boucle, parce que j’ai pas très bien compris encore ce qu’il m’arrivait, je suis débile, et toi ? ».

Puis tu t’es enfermée à double tour et tu as commencé à mettre des pansements un peu partout. Sur ton petit coeur meurtri, ton visage égratigné, ton rimmel qui avait trop coulé. Tu as passé des heures à écouter Stop crying your heart out d’Oasis, avec Ben and Jerry’s cookie dough pour seule alimentation. Andalousie, je me souviens des prairies bordées de cactus... Jusqu’au jour où tu as dis : STOOOOOOOP. De toute façon, il fallait bien les enlever ces foutus sparadraps, pourquoi ? Parce que c’était un peu de ta faute aussi s’ils étaient là, ces connards. Et puis les sparadraps, une fois que ça a pris l’eau, c’est moche.

Tu appelles ta grand-mère, tu as besoin de ta dose de phrases toutes faites. « En te mariant, tu ne pourras rendre heureux qu’un seul homme ; en restant célibataire, des centaines ma chérie ! ». Merci mamie…

Et un beau matin : AAAAAAAAAAOUTCH ! Tu as enlevé le premier pansement. Ça fait toujours mal d’enlever le premier. Parce que jusqu’au moment où tu décides de l’enlever, tu te dis encore « peut-être que… ». En général les autres s’enlèvent plus facilement, parce que tu prends soin d’huiler un peu tes émotions.

Bon après il y a quelques astuces de célibataires, ou comment se passer un peu de pommade pour rendre le tout moins douloureux. Rappeler un ex (comme ça c’est lui qui passe la pommade). Ou son meilleur ami. Ou les deux. (mettre sur les plaies « souffrance » et « solitude » le pansement « vengeance »). (Et « orgasmes »).

Ça marche un temps.

Puis un autre matin, tu n’as plus besoin du pansement vengeance pour te sentir bien. Tu te réveilles juste et réalises que tu n’as personne dont subir le sale caractère, tu peux enfin laisser cette touffe en friche et mater Tellement Vrai sans qu’on te regarde d’un oeil douteux. Tu n’es plus invitée aux soirées couples (danse de la victoire). Tu as arrêté de fumer. Tes cheveux sentent la noix de coco. Bruce Willis a gentiment laissé place à Hugh Grant sur ton étagère et la cuvette de tes toilettes est relevée. Tu dors comme un bébé. L’intégrale des Beatles tourne à plein tube. Tu n’entends plus parler de football. Tu es belle. James Dean te sourit dans la rue. Alors que tu portes une culotte de grand-mère. Le bonheur tout simplement.